Main basse sur l'aqueduc de la Dhuis, coulée verte de l’est francilien

   

Cette coulée verte, indispensable au maintien de la biodiversité et au déplacement des espèces est un des éléments clefs de la trame verte de l'est Francilien.

La Ville de Paris a inscrit à l’ordre du jour du Conseil des 17 et 18 octobre 2011 la cession de l’aqueduc de la Dhuis à la société Placoplatre.

Ile-de-France Environnement et les associations de protection de l’environnement de l’est francilien tirent le signal d’alarme.

 

Long de 131 Kms, l'aqueduc de la Dhuis (ou Dhuys) a été construit sous Napoléon III  pour acheminer l'eau de la Dhuis. Son point de départ se trouve à Pargny-la-Dhuys (Aisne) et il se termine au réservoir de Ménilmontant (Paris XXème).

 

Aujourd’hui, l’aqueduc de la Dhuis est géré par la SAGEP (société anonyme de gestion des eaux de Paris). Il fournit majoritairement en eau le parc d’attractions Disneyland, seul le surplus est dirigé vers Paris.

 

6 millions d’euros ont été consacrés en 2007-2008 par l’AEV (Agence des Espaces Verts d’Ile-de-France) pour aménager l’espace libre disponible au-dessus de l’aqueduc souterrain de la Dhuis. L’entretien de cet espace est assuré par l’AEV.

 

Véritable trait d’union entre la ville, la forêt et la campagne, cet itinéraire très prisé des populations relie plusieurs espaces boisés de la région. Cette coulée verte est indispensable au maintien de la biodiversité et permet le déplacement des espèces. C’est un des éléments clefs de la trame verte de l’est francilien.

 

Cette réalisation de l'Agence des Espaces Verts de la région Ile-de-France risque d'être réduite à néant.

 

En effet, la Ville de Paris a l’intention de céder, au profit de la société Placoplatre, des tronçons de l’aqueduc de la Dhuis sur les communes de Seine-et-Marne Le Pin, Claye-Souilly, Villevaudé et Annet-sur-Marne. Et cela afin de permettre une exploitation des sous-sols gypseux à ciel ouvert alors que l’exploitation souterraine de ce gisement est possible, comme cela a été fait en Seine-Saint-Denis.

 

S’il se réalisait, ce projet sonnerait le glas d’un ouvrage hausmannien, mettrait en péril l’intégrité écologique de cette coulée verte et nuirait gravement à cette promenade chère aux habitants de l’est francilien et d’ailleurs. Ce secteur de Seine-et-Marne a déjà trop souffert et souffre encore aujourd’hui de ce type d’exploitation

 

Par ailleurs ce projet s’oppose aussi gravement à la convention de partenariat signée en février 2011 entre la Ville de Paris et le Conseil général de Seine-et-Marne, visant à construire une métropole durable et portant, notamment, sur le sujet essentiel de la biodiversité.

 

C'est pourquoi les associations « Ile-de-France Environnement », « Nature Environnement 77 », « Environnement 93 »,  « Villevaudé Demain », « ADENCA » et « Les Abbesses de Gagny-Chelles » s'opposent à toute opération qui viendrait dénaturer, altérer ou nuire à la coulée verte que constitue la promenade de l'aqueduc de la Dhuis.

 

Elles demandent également qu'aucune nouvelle exploitation de gypse à ciel ouvert ne soit plus autorisée sur ce secteur.

 

Elles demandent aux élus de la Ville de Paris, lors du vote prévu au Conseil de Paris des  17-18 octobre 2011, de s'opposer à la cession de l'aqueduc de la Dhuis à la société Placoplatre.