Provins brade ses remparts

Publié le par Nature Environnement 77

Les  11.600 habitants de la bonne ville de Provins ont la chance d'habiter dans une des plus anciennes et plus historiques cités de l'est francilien. La ville haute et ses remparts ont été classés par l'UNESCO au rang de "patrimoine mondial". D'où un afflux de visiteurs, fort profitable. Mais la municipalité veut modifier les règles du jeu urbanistique. Les associations montent au créneau.
provins janvier 2009 011
PROVINS (Seine et Marne) de par son caractère exceptionnel  a, depuis 45 ans, bénéficié d’une superposition de toutes les protections existantes : site inscrit, site classé, abords de Monuments historiques, zone de protection « décret Malraux » puis ZPPAUP (Zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager) et enfin reconnaissance de la ville par l’UNESCO.

Tout un secteur (le secteur A), caractérisé par une grande présence d’espaces naturels et agricoles est classé inconstructible. Il sert d’écrin aux remparts.

Le conseil municipal de Provins a pourtant voté la modification de la (ZPPAUP) qui sauvegarde la  ville haute et ses remparts. Le but de 2 des 4 modifications proposées est  de permettre, au bénéfice de propriétaires privés, l'urbanisation de secteurs  jusque-là inconstructibles en raison de leur proximité des remparts.


Le projet a été soumis à enquête publique. Aucun des  avis exprimés, (mis à part un bénéficiaire privé) n’est favorable. Le  Commissaire enquêteur a donné un avis défavorable pour ces deux secteurs, relevant dans ses conclusions : « Sur le secteur de la Porte Saint-Jean, ….. et parce que rendre constructible une dent creuse revient à répondre à un intérêt privé au dépens de l’intérêt général, je suis défavorable au projet de création d’une zone B’’ … Je suis également défavorable à la création d’une zone B’’ sur le secteur des Courtils car le projet, tel que présenté, relève d’un intérêt privé et non de l’intérêt général…»


Le 25 juin2009, lors de la réunion de la CRPS (Commission Régionale du Patrimoine et des Sites), étant donné la sensibilité du sujet,  la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et pour l’Esthétique de la France) a demandé que le vote se fasse à bulletin secret. L’avis de la commission a été défavorable à une large majorité (19 votants : 13 défavorables, 4 abstentions, 2 favorables), ce qui est extrêmement rare.

Malgré ces expertises convergentes, le préfet a autorisé Christian Jacob , maire de Provins, à modifier la ZPPAUP. Lors de la séance du 19 octobre 2009 son conseil municipal a entériné cette décision.

Tous ceux qui ont étudié le dossier, quelles que soient leurs opinions politiques, ont compris que ces deux modifications n'ont d'autre intérêt que de satisfaire des intérêts privés.
Nature Environnement 77 a donc décidé, pour défendre l'intérêt public, d'avoir recours à l'arbitrage des juges. Il ne s’agit pas que de Provins. Si la modification de la ZPPAUP de Provins était finalement appliquée, tous les secteurs protégés par une semblable disposition ailleurs en France risqueraient de se trouver à leur tour "à découvert".

Nature Environnement 77 a donc déposé un recours au tribunal administratif de Melun en vue d’obtenir l’annulation de la modification de la ZPPAUP de Provins. D’autres associations régionales et nationales vont très prochainement faire de même. On l'a compris, l'enjeu est national.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article