Les déchets de l'exploitation pétrolière réinjectés dans le sous-sol !

Publié le par Nature Environnement 77

Nous avions appris de la bouche même du responsable de Vermilion Rep que les liquides ayant servi à la fracturation hydraulique en Seine-et-Marne avaient été réinjectés dans la nappe du Dogger, celle-là même qui est utilisée pour la géothermie.
Comment cela a-t-il été possible alors que les liquides de fracturation contiennent de nombreux produits toxiques ?
Alors que les installations classées (= établissements industriels à risques) doivent être en conformité avec le code de l'environnement qui précise dans son article R212-9-1 :
"Afin d'assurer la protection des eaux souterraines et la lutte contre la pollution ..., le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux respecte, notamment, les dispositions qui interdisent l'introduction directe ou indirecte de substances dangereuses ou qui limitent l'introduction directe ou indirecte de polluants non dangereux dans ces eaux souterraines par suite de l'activité humaine."

 
L'arrêté du 17 juillet 2009 relatif aux mesures de prévention ou de limitation des introductions de polluants dans les eaux souterraines autorise dans son article 9 les pétroliers à réinjecter leurs sauces de fracturation  :
"Les dispositions prévues à l’article R. 212-9-1 du code de l’environnement ne sont pas applicables aux rejets ponctuels directs suivants : ...
L’injection d’eau contenant des substances résultant d’opérations de prospection et d’extraction d’hydrocarbures ou d’activités minières et l’injection d’eau pour des raisons techniques dans les strates géologiques d’où les hydrocarbures ou autres substances ont été extraits ou dans les strates géologiques que la nature rend en permanence impropres à d’autres utilisations. Ces injections ne contiennent pas d’autres substances que celles qui résultent des opérations susmentionnées"

 

Tous ceux qui se sont sérieusement penchés sur le sujet le savent : on ne peut pas garantir sur le très long terme que les puits de forages, pendant et après l'exploitation soient parfaitement étanches ! Comment affirmer que des tubages en acier en contact avec des produits corrosifs ainsi que le ciment censé joindre le tubage au terrain de façon parfaitement étanche demeurent éternellement en bon état  ? Il n'est pas stupide de penser que lesdits tubes une fois corrodés, ou le ciment, attaqué par les produits présents dans le sol, permettront aux différents fluides de migrer via cette faille artificielle !! Et en Ile-de-France, plus de 2000 puits ont été forés !

 


Nature Environnement 77 demande l'abrogation de l'alinéa 2 de l'article 9 de l'arrêté du 17 juillet 2009. L'industrie pétrolière ne doit pas être autorisée à déroger aux obligations des autres industriels

Publié dans Pétrole de schiste

Commenter cet article